2e trimestre 2026 : activité économique au ralenti, marché du travail toujours sous tension

Communiqué n° 68

Points de vigilance

Une activité régionale qui ralentit, mais des signes de résilience
Au 2e trimestre 2026, l’activité économique en France marque le pas. Les perspectives de croissance restent faibles pour la fin de l’année et l’inflation attendue est en hausse au second semestre. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le ralentissement de l’activité s’accompagne toutefois de signaux plus favorables. Les défaillances d’entreprises reculent à nouveau, contrairement à la tendance nationale, et les créations d’entreprises accélèrent. Cette dynamique reste néanmoins contrastée selon les secteurs.

Le marché du travail qui reste sous tension
L’emploi salarié se redresse légèrement en Provence-Alpes-Côte d’Azur, après deux trimestres de recul, mais reste stable sur un an. Les services et l’industrie progressent, tandis que la construction poursuit ses destructions d’emplois. Le marché du travail reste sous tension, avec un taux de chômage à son plus haut niveau depuis 2021, et une demande d’emploi en hausse. Les offres reculent sur un an, l’apprentissage diminue, mais les publics prioritaires progressent dans les formations et l’accès à l’emploi s’améliore.

Situation sociale
Le nombre de foyers allocataires du Revenu de solidarité active (RSA) poursuit son léger recul en région, à l’inverse de la tendance nationale. Le nombre de bénéficiaires de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS) continue d’augmenter, dans un contexte de dégradation du marché du travail. La Prime d’activité repart également à la hausse, après trois trimestres de baisse.

Retour sur la plénière du 9 octobre 2026 : le Commerce en région

Premier secteur par le nombre d’établissements employeurs, le commerce représente 13 % de l’emploi salarié régional. Il se caractérise par le poids des petites entreprises, la place des jeunes (près d’un actif sur quatre a moins de 30 ans) et les enjeux d’attractivité et de fidélisation, en lien avec les rémunérations. L’apprentissage rassemble plus de la moitié des effectifs en formation. Pour répondre aux besoins de recrutement, France Travail mobilise notamment l’immersion professionnelle et la préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI).

Pour en savoir plus :
Dat@décision, Carif-Oref Provence-Alpes-Côte d’Azur.
« Paroles d’experts. Les enjeux de la filière Commerce en Provence-Alpes-Côte d’Azur », France Travail Provence-Alpes-Côte d’Azur, septembre 2026.

Une faible croissance et une inflation sous pression

Après avoir reculé à l’hiver (- 0,2 %), l’activité en France a stagné au printemps. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce décrochage : le retournement de l’activité dans les travaux publics, dû aux élections municipales du printemps, la conséquence des vagues de chaleur, notamment dans l’agriculture, qui coûteraient + 0,1 point de croissance sur l’année et un marché du travail plus dégradé, avec un chômage en hausse et des salaires peu dynamiques.

En prévision, la France renouerait avec une croissance timide d’ici la fin de l’année : + 0,1 % à l’été, puis + 0,2 % en fin d’année. Sur l’année, la croissance serait trois fois plus faible qu’ailleurs en Europe (+ 0,4 % en 2026). L’inflation augmenterait au second semestre et atteindrait 2,9 % en fin d’année, la hausse des prix de l’énergie contaminant les prix des autres produits, en particulier les produits manufacturés, et certains services, notamment de transport.

Du côté du marché du travail, la dégradation se poursuivrait : l’alternance continuerait de se retourner avec la réduction des soutiens publics, le reste de l’emploi salarié privé serait quasi stable et l’emploi non salarié continuerait de croître vigoureusement. La petite augmentation de l’emploi total qui en résulte ne suffirait pas à absorber la hausse tendancielle de la population active et le chômage grimperait ainsi à 8,6 % en fin d’année.

Pour en savoir plus : « Vigilance orange sur la croissance », Note de conjoncture nationale Insee, septembre 2026.

Un tissu entrepreneurial régional résilient

Les défaillances reculent à nouveau
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, plus de 6 400 défaillances ont été enregistrées sur les douze derniers mois (de juillet 2025 à juin 2026). Elles reculent ainsi de - 1,0 % par rapport au trimestre précédent et de - 2,2 % sur un an. Depuis le début d’année 2025, les défaillances diminuent dans la région, contrairement à la tendance nationale. En France, les défaillances augmentent ainsi de + 1,2 % sur un trimestre et de + 5,1 % sur un an.

Les disparités sectorielles restent marquées en région. Sur un an, le nombre de défaillances baisse fortement dans l’Information-communication (- 13 %), la Construction (- 13 %) et les Activités immobilières (- 10 %). Il diminue également dans les Activités financières et d’assurance (- 4 %), alors qu’il était reparti à la hausse au trimestre précédent. À l’inverse, la hausse des défaillances s’accélère dans l’Industrie (+ 4 % sur un an, après + 2 % au premier trimestre) et dans l’Hébergement-restauration (+ 3 %, après stabilisation) et ralentit dans les Transports (+ 5 %, après +16 %).

Les créations d’entreprises progressent toujours
Le repli de l’activité économique régionale contraste avec la dynamique entrepreneuriale. En effet, au 2e trimestre 2026, les immatriculations de nouvelles entreprises accélèrent (+ 6,3 % par rapport au trimestre précédent, après +3,4 %). Au total, 32 300 entreprises ont été créées en Provence-Alpes-Côte d’Azur dans l’ensemble des secteurs marchands non agricoles. En France, les créations d’entreprises ralentissent au 2e trimestre 2026 : + 0,9 % par rapport au trimestre précédent, après + 4,1 %.
Les micro-entrepreneurs, qui représentent 70 % des immatriculations, contribuent largement à la hausse régionale des créations d’entreprises, avec une progression de + 8,9 % sur le trimestre (après + 5,5 % au trimestre précédent), tandis que les créations d’entreprises classiques ne progressent que de + 0,4 % (après - 0,8 %).

Le volume d’entreprises créées dans la région augmente dans tous les secteurs, y compris dans l’Industrie qui baissait au 1er trimestre. Dans ce secteur, les créations rebondissent de + 8,3 % après avoir baissé de - 5,3 %. Le nombre de créations accélère dans le secteur de la Construction (+ 5,1 %, après + 1,7 %) et celui des Activités de services (+ 8,2 %, après + 3,9 %). En revanche, dans le secteur du Commerce, transport, hébergement-restauration, les créations ralentissent (+ 1,8 %, après + 4,7 %).

Pour en savoir plus : « Le tertiaire soutient l’emploi dans une économie au ralenti », Note de conjoncture régionale Insee, septembre 2026.

Très légère hausse de l’emploi salarié

Au 2e trimestre 2026, l’emploi salarié se redresse légèrement en Provence-Alpes-Côte d’Azur, après deux trimestres consécutifs de recul : + 0,1 %, soit + 2 200 salariés, après - 0,1 % en début d’année et - 0,2 % fin 2025. Ce léger rebond s’explique par celui de l’emploi salarié privé, qui évolue au même rythme que l’emploi salarié total au cours des deux derniers trimestres. Dans le secteur public, l’emploi progresse de + 0,1 %, comme au trimestre précédent. Après avoir contribué au recul de l’emploi salarié, l’intérim repart faiblement à la hausse (+ 0,9 %, après - 3,4 %). Fin juin 2026, la région compte 2 030 000 salariés, un niveau stable sur un an. En évolution annuelle, les effectifs du secteur privé reculent légèrement pour la première fois en treize ans, hors crise sanitaire (- 0,1 %).

Évolution de l’emploi salarié
Données CVS, base 100 au 1er trimestre 2016
Source : Insee (estimations d’emploi) – Acoss-Urssaf, Dares, Insee (estimations trimestrielles).
Champ : emploi salarié en fin de trimestre.
Note : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents.

Au 2e trimestre 2026, l’emploi salarié rebondit dans le tertiaire marchand (intérim compris) après une stabilité en début d’année et un léger repli en fin d’année dernière : + 0,2 %, soit + 1 700 salariés. Cette croissance est principalement portée par l’Hébergement et restauration (+ 1,0 %, après + 0,3 %) et, dans une moindre mesure, par les Transports et entreposage (+ 0,4 %, après + 0,3 %) et les Services de soutien aux entreprises (+ 0,3 %, après + 0,1 %). Certains sous-secteurs restent néanmoins en difficulté. C’est notamment le cas de l’Information-communication (- 1,0 %, après - 0,2 %) et du Commerce (- 0,1 %, après - 0,2 %), dont les effectifs se contractent depuis un an, et surtout des Activités immobilières où la baisse est enclenchée depuis début 2023 (- 0,3 %, comme au trimestre précédent). Sur un an, la croissance de l’emploi salarié dans le tertiaire marchand demeure peu dynamique (+ 0,3 %, soit + 2 600 salariés).

Dans le tertiaire non marchand (intérim compris), l’emploi salarié progresse de + 0,2 % au 2e trimestre 2026 (soit + 1 200 salariés), après + 0,1 %. Sur un an, la croissance s’élève à + 0,4 % (+ 2 900 salariés).

Dans l’industrie (intérim compris), la baisse des effectifs entamée au 2e trimestre 2025 s’interrompt un an plus tard : + 0,3 %, soit + 510 salariés, après - 0,4 %. Cette embellie concerne l’ensemble des sous-secteurs d’activité, à l’exception de la Fabrication d’autres produits industriels où le recul se poursuit (- 0,3 %, après - 1,1 %). La Fabrication de matériels de transport demeure le sous-secteur le plus dynamique (+ 1,2 %, après + 0,5 %). L’Industrie agroalimentaire et le Raffinage, industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution créent autant d’emplois chacun (+ 0,5 %, après respectivement + 0,4 % et - 0,1 %). En rythme annuel néanmoins, l’industrie continue de perdre des emplois (- 0,3 %, soit - 580 salariés).

Enfin, dans la construction (intérim compris), les destructions d’emploi débutées mi-2023 se poursuivent : - 0,7 %, soit - 890 salariés, après - 1,4 %. Pour moitié, elles sont dues au repli de l’intérim dans ce secteur. Sur un an, l’emploi diminue de - 3,1 %, sa plus forte contraction en onze ans hors crise sanitaire (- 3 900 salariés).

Évolution de l’emploi salarié, y compris intérim, en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Données CVS, base 100 au 1er trimestre 2016
Source : Insee (estimations d’emploi) – Acoss-Urssaf, Dares, Insee (estimations trimestrielles).
Champ : emploi salarié en fin de trimestre.
Note : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents.

A l’échelle des départements de la région, les évolutions sont contrastées. La baisse de l’emploi salarié se poursuit dans les Alpes-de-Haute-Provence (- 0,1 %, après - 0,6 %), les Hautes-Alpes (- 0,3 %, après - 0,5 %) et le Vaucluse (- 0,3 %, après - 0,1 %). Dans les Bouches-du-Rhône, l’emploi se stabilise (après - 0,2 %). Au total, la légère croissance régionale n’est tirée que par celle des Alpes-Maritimes (+ 0,4 %, après + 0,2 %) et du Var (+ 0,2 %, après + 0,1 %).

En France métropolitaine, l’emploi salarié se replie de - 0,1 % chaque trimestre depuis un an, à l’exception du 1er trimestre 2026 où il se stabilise. Cette baisse est due au recul de l’emploi salarié privé. Sur la même période, l’intérim se contracte également chaque trimestre, sauf fin 2025 où il ne varie pas. Au total, l’emploi salarié national recule de - 0,3 % sur un an.

Pour en savoir plus : « La remontée progressive du taux de chômage se poursuit », n° 23, Dreets Provence-Alpes-Côte d’Azur, septembre 2026.

Zoom sur l’apprentissage

Recul du nombre d’apprentis
Au cours du 2e trimestre 2026, 3 700 contrats d’apprentissage ont débuté en Provence-Alpes-Côte d’Azur dans les secteurs public et privé. Ce nombre se stabilise sur un an, après avoir augmenté de + 17 % au 2e trimestre 2025. Avec 67 700 apprentis fin juin 2026, la région compte 3 % de bénéficiaires en moins par rapport à la mi-2025 (soit -1 800), après une hausse de + 5 % un an plus tôt. Cette baisse, que l’on peut mettre en lien avec la réduction des aides financières accordées aux entreprises (Avertissement), concerne tous les départements de la région.

En France métropolitaine, les évolutions suivent la même tendance. Le nombre d’entrées se stabilise sur un an au 2e trimestre 2026, après une augmentation de + 11 % un an plus tôt. Au total, le nombre de bénéficiaires, qui s’élève à 934 700, se replie de - 4 % par rapport à juin 2025, soit - 35 000, contre + 3 % un an plus tôt.

Au niveau régional, la baisse du nombre d’apprentis explique en grande partie l’atonie de l’emploi salarié sur l’année écoulée (entre les 2e trimestres 2025 et 2026). Au niveau national, le repli de l’apprentissage contribue à près de la moitié de la baisse des effectifs salariés sur la même période.

Avertissement : Du 1er janvier au 23 février 2025 et du 1er janvier au 7 mars 2026, les entreprises de 250 salariés ou plus ne bénéficient pas de l’aide à l’embauche. C’est aussi le cas pour les entreprises de moins de 250 salariés embauchant des apprentis préparant un diplôme du supérieur.
À compter du 8 mars 2026, les entreprises de moins de 250 salariés bénéficient d’une aide de 5 000 euros pour les contrats préparant un diplôme de niveau 3 ou 4, de 4 500 euros pour un diplôme de niveau 5 et de 2 000 euros si le diplôme préparé est de niveau 6 ou 7. Pour les entreprises de 250 salariés ou plus, les niveaux d’aide sont respectivement de 2 000, 1 500 et 750 euros selon le niveau de diplôme préparé.
Par ailleurs, depuis le 1er juillet 2025, les employeurs doivent s’acquitter, pour les formations à partir de Bac + 3 (niveaux 6 et 7), d’une participation obligatoire de 750 euros à la prise en charge des frais de la formation pour tout contrat d’apprentissage.
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Pour en savoir plus : « La remontée progressive du taux de chômage se poursuit », n° 23, Dreets Provence-Alpes-Côte d’Azur, septembre 2026.

Nouvelle progression graduelle du taux de chômage

Au 2e trimestre 2026, le taux de chômage localisé en Provence-Alpes-Côte d’Azur] poursuit sa lente progression entamée début 2025 : + 0,1 point par rapport au 1er trimestre, après + 0,2 point. Il s’établit à 8,7 % de la population active, soit son plus haut niveau depuis le 3e trimestre 2021. Sur un an, il s’accroît de + 0,7 point.

En France métropolitaine, le taux de chômage au sens du BIT s’élève à 8,1 % de la population active au 2e trimestre 2026, son plus haut niveau depuis près de six ans. Il s’accroît légèrement plus vite qu’en région : + 0,2 point sur un trimestre et + 0,8 point sur un an.

En rythme trimestriel, la progression du taux de chômage est identique à celle de la région (+ 0,1 point) dans les départements des Hautes-Alpes (6,8 %) et du Vaucluse (10,8 %). Elle est un peu plus marquée (+ 0,2 point) dans les Alpes-Maritimes (7,5 %), les Alpes-de-Haute-Provence (8,5 %) ainsi que les Bouches-du-Rhône (9,4 %), et la plus prononcée (+ 0,3 point) dans le Var (8,2 %).

L’ensemble de ces évolutions doit être replacé dans le contexte de la mise en œuvre, début 2025, de la loi sur le plein emploi (voir Encadré). Selon l’Insee, l’inscription automatique des bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) et des jeunes sur les listes de France Travail expliquerait une partie de la hausse du taux de chômage au 2e trimestre 2026.

Taux de chômage
Données CVS, en %
Source : Insee - Taux de chômage au sens du BIT (national), taux de chômage localisé (régional).
Note : données trimestrielles provisoires, estimation à +/- 0,3 point près du niveai du taux de chômage national et de son évolution d’un trimestre à l’autre.

Demande d’emploi : des évolutions altérées par l’évolution des règles d’actualisation et du régime de sanctions

Avertissement :
Jusqu’à la fin de la phase de transition de la loi pour le plein emploi, prévue pour le 1er janvier 2027, les analyses sur les inscrits à France Travail portent sur les indicateurs hors bénéficiaires du RSA et jeunes en parcours. (voir Encadré).

Au 2e trimestre 2026, Provence-Alpes-Côte d’Azur compte en moyenne 395 500 demandeurs d’emploi hors bénéficiaires du RSA et hors jeunes en parcours, inscrits sur les listes de France Travail en catégories A, B, C (tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en activité réduite ou sans activité). Ce nombre repart à la hausse, effaçant la baisse du trimestre précédent : + 1,0 %, soit + 3 800 inscrits, après - 1,1 % début 2026. Sur un an, la demande d’emploi augmente de + 1,3 % (après + 0,3 %).

En France métropolitaine, 4 450 600 demandeurs d’emploi hors bénéficiaires du RSA et hors jeunes en parcours sont inscrits en catégories A, B, C en moyenne au 2e trimestre 2026. Ce nombre progresse moins vite qu’en région sur un trimestre (+ 0,5 %, après - 0,9 %) et sur un an (+ 1,1 %, après + 0,3 %).

Toutefois, ces évolutions (régionales comme nationales) sont perturbées par deux facteurs : d’une part, des changements dans les règles d’actualisation survenus au 1er semestre 2025 et d’autre part, l’entrée en vigueur en juin 2025 du décret relatif aux sanctions applicables aux inscrits à France Travail en cas de manquement à leurs obligations (voir Encadré). Une estimation de l’impact de ces deux effets a été réalisée par la Dares au 2e trimestre 2026 au niveau national : en l’absence de ces modifications, le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C hors nouveaux publics aurait augmenté de + 0,4 % en France hors Mayotte sur un trimestre et diminué de - 0,9 % sur un an. Au niveau régional, seul l’impact trimestriel du décret relatif aux sanctions a été estimé par la Dares. Comme au niveau national, la hausse aurait été légèrement moins prononcée que celle citée plus haut : + 0,9 %.

La loi pour le plein emploi influe sur le nombre d’inscrits à France Travail depuis janvier 2025
Comme le prévoit la loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023, depuis janvier 2025, les demandeurs et bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA), les jeunes en recherche d’emploi suivis par les missions locales en Contrat d’engagement jeune (CEJ), Accompagnement intensif des jeunes (AIJ) ou en Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (Pacea), et les personnes en situation de handicap suivies par Cap emploi sont systématiquement inscrits à France Travail. Selon leurs situations socioprofessionnelles, ces publics sont orientés vers différents parcours d’accompagnement. L’orientation des personnes bénéficiant déjà du RSA avant la mise en place de la réforme étant progressive à partir du 1er janvier 2025, la montée en charge statistique l’est aussi.

Pour prendre en compte les situations de ces nouveaux publics, conformément aux recommandations d’un groupe de travail du Conseil national de l’information statistique (Cnis), deux nouvelles catégories statistiques ont été créées : la catégorie F pour les personnes les plus éloignées de l’emploi orientées en parcours social et la catégorie G pour les demandeurs et bénéficiaires du RSA en attente d’orientation.

Ainsi, au 2e trimestre 2026, 543 200 personnes sont inscrites sur les listes de France Travail en catégories A, B, C, D, E en Provence-Alpes-Côte d’Azur (données CVS-CJO). Parmi elles, 477 800 sont demandeurs d’emploi en catégories A, B, C : 51 % sont des femmes, 13 % des jeunes de moins de 25 ans, 27 % ont 50 ans ou plus et 45 % sont inscrits depuis un an ou plus. Enfin, 53 200 personnes sont inscrites en catégorie F et 26 100 en catégorie G (données brutes).

L’évolution des règles d’actualisation et du régime de sanctions affecte les statistiques d’inscrits à France Travail
Depuis janvier 2025, les effectifs d’inscrits à France Travail (FT) en catégories A, B et C et les séries complémentaires hors RSA et hors jeunes en parcours (CEJ, Pacea, AIJ) sont affectés par deux changements :
• Les règles d’actualisation ont été modifiées : entre janvier 2025 et mars 2025, tant qu’elles n’ont pas signé leur contrat d’engagement, les personnes non indemnisables s’inscrivant à FT, n’avaient pas à s’actualiser. Elles étaient inscrites en catégorie A jusqu’à la signature de ce contrat. Depuis avril 2025, l’actualisation automatique pour les inscrits non indemnisables n’ayant pas signé leur contrat d’engagement concerne uniquement les premières inscriptions à FT.
• Le régime de sanctions évolue avec l’entrée en vigueur en juin 2025 du décret relatif aux sanctions applicables aux inscrits à FT en cas de manquement à leurs obligations : ces sanctions prennent désormais la forme d’une suspension-remobilisation en amont d’une éventuelle radiation des listes de FT, ce qui entraine une baisse des radiations des listes de FT dès le premier manquement et accroît le nombre d’inscrits.

Pour en savoir plus : « La remontée progressive du taux de chômage se poursuit », n° 23, Dreets Provence-Alpes-Côte d’Azur, septembre 2026.

Les publics prioritaires gagnent du terrain dans les entrées en formation
À fin juin 2026, 74,2 % de demandeurs d’emploi entrant en formation relèvent des publics prioritaires en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce pourcentage augmente de + 0,6 point sur un an, et marque une rupture avec la baisse enregistrée depuis début 2024. Ce taux est nettement supérieur au poids des publics prioritaires au sein de la DEFM (67 %). Autrement dit, la formation bénéficie proportionnellement davantage aux publics les plus éloignés de l’emploi.

Parmi les publics prioritaires, la part des seniors de 55 ans et plus est la plus faible (8,3 %) et baisse de - 1,2 point sur un an. La part des demandeurs d’emploi en situation de handicap (9,4 %) et celle des demandeurs d’emploi bénéficiaires du RSA (14,0 %) reculent également de - 1 point sur un an. A l’inverse, la part des moins de 26 ans ayant obtenu un diplôme inférieur à Bac +2 progresse de + 3,2 points sur un an et atteint 24, 8 %. Enfin, les personnes qui ont un diplôme inférieur au Bac représentent toujours plus d’un demandeur d’emploi sur deux entrant en formation (55,8 %).

Les publics prioritaires dans les entrées en formation concernent les personnes en recherche d’emploi qui remplissent le critère « Public prioritaire » au moment de leur entrée en formation (hors CPF autonome) : bénéficiaires du RSA, demandeurs d’emploi en situation de handicap, jeunes de moins de 26 ans sans diplôme ou ayant un diplôme inférieur à Bac +2, seniors âgé de 55 ans et plus et public sans diplôme ou ayant un diplôme inférieur au BAC. La part de ces publics est calculée en cumul année civile.

Hausse annuelle du taux d’accès à l’emploi
À fin juin 2026, 38,0 % des demandeurs d’emploi inscrits en catégories A et B ont accédé à une activité de 78h ou plus dans les six mois, soit une hausse de + 1,5 point par rapport à juin 2025. Ce taux d’accès à l’emploi (TAE) est en augmentation sur un an dans l’ensemble des départements. Cette hausse est plus marquée dans les Bouches-du-Rhône (+ 2,4 points avec un TAE de 36,8 %) et plus modérée dans les Alpes-de-Haute-Provence (+ 1,4 point avec un TAE de 39,6 %), les Hautes-Alpes (+ 1,3 point avec un TAE de 53,9 %), les Alpes-Maritimes (+ 1,2 point avec un TAE de 37,7 %) et le Var (+ 0,4 point avec un TAE de 39,3 %). Le Vaucluse est stable avec un TAE de 37,1 %.

Le TAE des demandeurs d’emploi bénéficiaires du RSA est de 19,3 %. Ils sont sous-représentés dans les accès à l’emploi par rapport à leur poids dans la demande d’emploi de catégories A et B (4 %, contre 9 %). Dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, cet écart est encore plus prononcé (4,9 %, contre 12,0 %), pour un TAE de 16,3 %.

Le Taux d’accès à l’emploi (TAE) mesure la part des demandeurs d’emploi en catégorie A ou B sur un mois donné, ayant repris un emploi de 78h ou plus dans les 6 mois suivants, leur permettant de sortir des catégories A ou B. Il est calculé en cumul année civil.

L’offre d’emploi diffusée diminue au 2e trimestre 2026 dans la plupart des domaines professionnels
Au 2e trimestre 2026, les offres d’emploi diffusées par France Travail reculent de - 13,7 % par rapport au 2e trimestre 2025. Ce recul concerne l’ensemble des départements de la région, à l’exception des Alpes-de-Haute-Provence. Il est particulièrement marqué dans les Alpes-Maritimes (- 21,4 %) et les Hautes-Alpes (- 20,9 %). Malgré cette tendance à la baisse, le volume régional d’offres d’emploi reste supérieur à celui enregistré au 2e trimestre 2019, avant la crise sanitaire.

Le nombre d’offres d’emploi diffusées diminue sur un an dans la plupart des domaines professionnels. C’est particulièrement le cas dans le Support à l’entreprise (- 8 700 offres), le Commerce, vente et grande distribution (- 2 400 offres), l’Hôtellerie, restauration, tourisme, loisirs (- 2 400 offres), les Services à la personne et à la collectivité (- 2 300 offres) et la Construction, bâtiment et travaux publics (- 2 100 offres). À eux cinq, ils représentent plus de la moitié des offres diffusées. Seuls le Spectacle, l’art façonnage et le Transport et logistique enregistrent une progression mais leur poids demeure limité.

Évolution du volume mensuel d’offres diffusées par France Travail
Données brutes
Source : France Travail - Offres partenaires

Pour en savoir plus : Statistiques et analyses, France Travail.

Zoom sur le marché du travail territorialisé

Le taux de chômage augmente davantage dans les zones d’emploi de Briançon, Digne-les-Bains et Draguignan
Au sein des zones d’emploi de la région, les hausses sont les plus fortes (entre + 0,3 et + 0,4 point) dans celles de Briançon (6,1 %), Digne-les-Bains (8,7 %) et Draguignan (9,2 %). Le taux de chômage recule légèrement (- 0,1 point) dans la zone d’emploi de Carpentras (10,5 %) et se stabilise dans celle d’Orange (9,6 %). Ailleurs, il progresse au même rythme qu’en région (+ 0,1 point) ou légèrement plus vite (+ 0,2 point).

Évolution du taux de chômage par zone d’emploi de Provence-Alpes-Côte d’Azur entre le 4e trimestre 2025 et le 1er trimestre 2026
Données corrigées des variations saisonnières, évolution trimestrielle en point et taux en % au 1er trimestre 2026
Source : Insee - Taux de chômage localisés.
Note : données provisoires trimestrielles.

Pour en savoir plus : « La remontée progressive du taux de chômage se poursuit », n° 23, Dreets Provence-Alpes-Côte d’Azur, septembre 2026.

Situation sociale

Légère baisse du nombre de foyers allocataires du RSA
Le Revenu de solidarité active (RSA) assure aux personnes sans ressources, ou aux ressources faibles, un revenu minimum qui varie selon la composition du foyer. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le nombre de foyers allocataires du RSA recule de nouveau légèrement sur un an et atteint 137 600 au 2e trimestre 2026 (- 0,5 %, soit - 670 bénéficiaires, après - 0,3 % au 1er trimestre). Cette diminution s’observe dans tous les départements de la région, à l’exception des Bouches-du-Rhône où le nombre de bénéficiaires est reparti à la hausse depuis six trimestres (+ 3,9 % au 2e trimestre 2026, après + 3,6 %). L’évolution observée dans ce département s’inscrit dans la tendance nationale : en France métropolitaine, le nombre de foyers allocataires progresse de manière continue depuis début 2025 (+ 2,3 % sur un an, comme au trimestre précédent).

L’Allocation de solidarité spécifique (ASS) est destinée aux demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits à l’assurance chômage et qui justifient d’au moins cinq années d’activité salariée au cours des dix dernières années précédant la rupture de leur contrat de travail. À l’exception d’une hausse au 2e semestre 2020 sous l’effet de la crise sanitaire et des mesures de prolongation des droits prises en réponse à cette crise, le nombre de bénéficiaires de cette prestation n’a cessé de diminuer en glissement annuel jusqu’en septembre 2024. En augmentation continue depuis, il atteint 24 600 fin mai 2026 : + 12,1 % sur un an, soit + 2 700 allocataires, après + 10,7 % trois mois plus tôt. Cet accroissement, similaire au niveau national, concerne tous les départements de la région, en particulier le Var (+ 18,8 %).

Au 2e trimestre 2026, 378 800 foyers perçoivent la Prime d’activité (PA), destinée aux travailleurs aux ressources modestes. Ce nombre progresse à nouveau en rythme annuel après trois trimestres de repli : + 0,8 %, soit + 3 100 bénéficiaires, après - 1,8 % en début d’année. Les effectifs augmentent dans tous les départements de la région à l’exception des Alpes-Maritimes (- 1,1 %). En France métropolitaine, le nombre de foyers allocataires repart à la hausse comme en région après trois trimestres consécutifs de baisse (+ 2,0 %, après - 0,4 %).

Évolution du nombre de bénéficiaires des principales prestations sociales en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Données brutes, base 100 à fin décembre 2021
Source : "Cnaf, Allstat FR6 et FR2
Champ : Pour le RSA et la PA, la notion de bénéficiaires renvoie à celle de foyer et non d’individu. Pour l’ASS, elle renvoie à l’individu qui perçoit l’allocation.
Note : Données provisoires. Pour l’ASS, données à fin novembre.

Pour en savoir plus : « La remontée progressive du taux de chômage se poursuit », n° 23, Dreets Provence-Alpes-Côte d’Azur, septembre 2026.

Indicateurs avancés

Selon la Banque de France, l’industrie progresse en septembre 2026, portée par les équipements électriques et électroniques, les matériels de transport et le redressement des autres activités manufacturières, hors agroalimentaire. La demande étrangère reste dynamique. Les prix des matières premières augmentent encore, avec quelques signes de stabilisation, tout comme les effectifs. Les perspectives pour octobre restent favorables.

Dans les services marchands, l’activité progresse grâce à la logistique, l’ingénierie, le nettoyage et l’intérim, alors que les services informatiques ralentissent et que l’hébergement reste stable. Les effectifs évoluent peu et les prix du transport continuent d’augmenter. Les perspectives sont plus prudentes.

Dans le bâtiment, l’activité progresse dans le gros œuvre comme dans le second œuvre. Les carnets de commandes restent satisfaisants mais se renouvellent plus lentement. La concurrence pèse sur les marges et limite la répercussion des hausses de coûts. L’activité devrait rester bien orientée en octobre, malgré des perspectives de fin d’année plus réservées. L’activité des travaux publics recule au 3e trimestre 2026, pénalisée par le report de chantiers, le repli des commandes publiques et l’attentisme des donneurs d’ordre. Les carnets de commandes restent insuffisants et les effectifs diminuent. Les prix restent orientés à la hausse sous l’effet des coûts de l’énergie. Un rebond est attendu au 4e trimestre, mais il ne permettrait pas de compenser le retard accumulé depuis le début de l’année.

Pour en savoir plus : Tendances régionales : Provence-Alpes-Côte d’Azur - septembre 2026, Banque de France.